Temps invariables

Temps invariable est une série profondément intime, ancrée dans des lieux et des présences qui ont façonné mon enfance. Il ne s’agit pas d’une chronologie au sens strict, mais d’une ligne de mémoire émotionnelle, mouvante, intérieure, sans début ni fin clairement définis.

Les premières images évoquent des maisons. Celle de ma petite enfance. Celle de mes grands parents, où mon grand-père demeure encore. Une maison de ferme, sur le chemin de l’Anse, lieu de liberté et de saisons vécues, où j’ai passé des étés entiers de mon enfance. Ces espaces ne sont pas présentés comme des décors figés, mais comme des territoires habités par le souvenir, traversés par le temps.

Au cœur de la série se trouve une image de moi. Une figure centrale, en tension, qui tente de tenir ensemble les fragments. Cette présence agit comme un point de bascule, un lieu où les souvenirs se croisent, se superposent et se rejouent sans cesse.

Les images suivantes convoquent des visages. Lucy, la meilleure amie de ma mère, aujourd’hui disparue, liée à ces étés de l’enfance. Ma grand-mère Denise. Ma grand-mère Marielle. Des présences qui continuent d’exister à travers la mémoire, bien au delà de leur absence physique.

À travers Temps invariable, je revisite ces lieux et ces personnes non pas comme des souvenirs figés, mais comme des états intérieurs toujours actifs. La série trace un espace sensible où le passé n’est jamais clos, mais continuellement réhabité, transformé, rejoué. Le temps y devient matière, et la mémoire, un territoire vivant.

Temps invariable is a deeply intimate series rooted in places and presences that shaped my childhood. Rather than following a linear chronology, it unfolds as an emotional line of memory, fluid and internal, without a clearly defined beginning or end.

The first images evoke houses. The home of my early childhood. The house of my grandparents, where my grandfather still lives. A farmhouse on Chemin de l’Anse, a place of freedom and seasonal rhythms, where I spent long summers as a child. These spaces are not presented as fixed locations, but as territories inhabited by memory and permeated by time.

At the center of the series stands an image of myself. A central figure in tension, attempting to hold together scattered fragments. This presence acts as a pivot, a space where memories overlap, collide, and continuously resurface.

The following images bring forward faces. Lucy, my mother’s closest friend, now deceased, connected to those summers of childhood. My grandmother Denise. My grandmother Marielle. Presences that persist through memory, far beyond their physical absence.

Through Temps invariable, I revisit these places and people not as static recollections, but as active inner states. The series creates a sensitive space where the past is never closed, but continuously re inhabited, transformed, and re experienced. Time becomes material, and memory, a living territory.